Charlotte – Après le Bac pro Maintenance

Réalisé par Sylviane Quelo, Professeure Lettres Histoire au Lycée professionnel le 23 septembre  2023

 

 

J'ai suivi un cursus complet dans la cité Scolaire Beaumont, en obtenant tout d’abord un BEP MSMA ( Maintenance des Systèmes mécaniques automatisés) , suivi d’ un Bac Pro MEI ( Maintenance Equipements industriels ) pour finir par un BTS MAI (Mécanique et automatismes industriels) .

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Quand est-ce que vous avez obtenu votre BAC Pro ?

 

En 2007

Quelle a été votre poursuite d’études après le BAC PRO ?

 

J’ai fait un BTS. M.A.I. (Mécanique et Automatismes Industriels) sur trois ans et une Licence Professionnelle M.S.A. (Maintenance des Systèmes Automatisés) sur un an en alternance chez Valéo.

Comment se sont passées vos années de BTS et vos stages effectués ?

 

Mes premières années en BTS ont été difficiles : la marche lorsque l’on vient d’un Bac Pro est haute à franchir. Surtout, que le pourcentage d’élèves venant d’un Bac pro est faible. Mes notes ont beaucoup baissé surtout en mathématiques et en physique où le soutien me manquait aussi.
J’ai même voulu abandonner. Je trouvais également l’ambiance très enfantine et cela m’a découragé. J’avais dans l’idée que les étudiants voulant poursuivre un BTS seraient plus concentrés et motivés. Après mon échec, j’ai eu du soutien et des encouragements pour retenter ma seconde année notamment de mes professeurs d’automatisme, de Bac Pro, du magasinier et de mes parents, …). J’ai pris les devants et j’ai demandé du soutien en maths. Comme j’avais la possibilité de ne pas repasser certaines matières, cela m’a permis d’obtenir une heure à une heure trente de mathématiques supplémentaire (ce qui m’a permis de passer de 6 au BTS à 19 😉)
Je n’ai pas fait mon stage à l’étranger, de mémoire. Ill n’y avait pas d’obligation à ce sujet ni beaucoup d’incitations / de publicités nous encourageant à le faire à l’étranger. Dommage !
De même qu’il y avait qu’un seul stage à faire, nous avions un projet sur un an ou deux qui était la fabrication de A à Z d’une machine spéciale pour une entreprise. Dans mon cas, ce fût une cadreuse pour l’entreprise MENBAT, il me semble. Le stage se déroulait la seconde année. Je l’ai fait dans une entreprise qui me connaissait où j’avais fait mon stage en bac Pro « Roux Production », un cuisiniste à LANGON (qui n’existe plus d’après mes recherches).

Pouvez-vous nous parler de votre activité (missions, responsabilités) lors de ce stage ?

 

J’avais pour mission le rétrofit (remise en état) d’une de leurs machines. Je garde un bon souvenir de ce stage comme de tous les autres (BEP, Bac pro).

Où avez vous fait vos stages ?

 

Stage de BEP : Bretagne Atelier (RENNES), c’est mon père qui m’a fait rentrer. Il est difficile de percer dans le milieu lorsque tu es mineure, une fille et une voix de petite fille.
Stages Bac Pro : Roux production (LANGON) et Façonnage Bretagnes (MAURE DE BRETAGNE).
Stage BTS : Roux production (LANGON)

Quels conseils pourriez-vous  donner à nos élèves de Terminale bac pro  qui souhaitent s’orienter dans ce domaine ?

 

De foncer si cela leur plait et de continuer. Les professeurs sont présents pour nous soutenir. Il suffit de bien chercher. Nous trouvons toujours des alliés.

Un souvenir important vécu dans la cité scolaire ?

 

Que des bons souvenirs, car je pensais être une super élève en techno en Troisième et pas du tout (rire), ce qui, pour moi, a été le déclenchement pour m’orienter dans la filière Bac pro Maintenance. Il en va de même pour le BEP et Bac pro, où je pensais être dans les premières, mais pas tant que ça (rire)…
J’ai toujours eu de super professeurs avec qui j’avais gardé contact ou que je venais voir lors des portes ouvertes. Mine de rien, j’y ai passé des années à Beaumont, de la 6ème au BTS sachant que j’ai redoublé ma 4ème et mon BTS et qu’à mon époque le Bac Pro était sur quatre ans !

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos années au lycée professionnel ?

 

Il y a eu des moments de doutes, de difficultés mais je me suis toujours accrochée. Être la seule fille de sa classe n’est pas chose facile au début : il faut faire ses preuves auprès de ses camarades. Après, certains ne vous accepteront jamais car pour eux, la place d’une fille n’est pas dans un milieu masculin mais c’est comme cela. Et dans le monde du travail, c’est pareil. Il faut composer avec, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde (peu importe où nous sommes).

Pouvez-vous parler un peu de l'alternance ?

 

C’est une excellente alternative pour continuer ses études tout en étant au travail. Lorsque nous suivons une filière professionnelle, cela n’apporte que du positif car rien ne vaut l’expérience pour apprendre son métier. Cependant, cela demande beaucoup de temps et d’énergie car il faut apprendre ses cours, faire ses devoirs, les rendre, faire son dossier… Ce sont des compromis mais qui nous apportent beaucoup (expériences et connaissances). Et c’est un ticket gagnant pour la recherche d’emploi.

C’était votre premier choix ?

 

Le choix de faire une Licence est venu du fait que je souhaitais revenir à mon premier amour, la maintenance. À Beaumont, il n’y avait pas de BTS Maintenance (seul Marcel CALLO le faisait, et il y avait peu de filles voir pas du tout dans l’établissement, ce qui je l’avoue ne me réjouissait pas). Aussi, je suis allée en Sarthe pour y faire ma Licence Pro.

Vous pouvez nous parler un peu des études que vous suivez actuellement ?

 

Non, car je n’en fais plus mais je peux vous expliquer ma reprise d’études mon titre pro. Au début, c’était dur car la formation était sur neuf mois et après neuf ans de vie active, il faut réapprendre à apprendre, être assidu.

 Combien de temps vous a-t-il fallu pour trouver du travail après l’obtention de votre diplôme ?

 

Dans un premier temps, je suis restée en tant qu’intérimaire dans l’entreprise où j’ai fait ma licence puis il y a eu un remaniement et l’entreprise s’est séparée de certaines personnes dont moi. Ça s’est passé juste avant l’été. Je suis restée deux mois au chômage avant d’être embauché à la SREM Technologies (fabricant de machines spéciales pour le contrôle non destructif de pièces). J’y suis restée neuf ans en tant que technicienne bureau d’études automatisme et électrique. Je faisais de la création et de la modification de programmes automates et afficheurs, de schémas électriques. Ensuite, la mise au point des machines. Puis j’ai évolué et je suis devenue cheffe de projet.

Dans quel domaine travaillez-vous actuellement ? Où travaillez-vous aujourd'hui ? Quelles sont vos missions ?

 

Je suis au chômage mais je recherche dans le domaine de la formation. Et à 80%.

Pourquoi avez-vous choisi de reprendre des études ?

 

Il faut savoir que plus nous grimpons au niveau des études, mieux sera notre « vie », hélas. Nous sommes mieux considérés et mieux payés (c’est un fait). De plus, j’avais un second objectif qui ne m’avait jamais quitté et je savais qu’il fallait avoir des bagages scolaires : la transmission de savoirs /connaissances. Je me souviens avoir dit à un de mes professeurs, que j’aimerais être professeure mais pas avant d’avoir de l’expérience professionnelle et que je voulais être polyvalente.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs étudiants suite à votre parcours ?

 

Il faut s’accrocher et foncer. Avoir confiance en soi.

Et plus tard, comment voyez-vous votre avenir ?

 

Une formatrice hors paire (rire). Je suis jeune diplômée de mon titre professionnel de Formateur Professionnel d’Adultes (niveau BTS). Je souhaite former des adultes en Maintenance. Chose que j’ai faite pendant six mois à DUNKERQUE. C’est un métier riche tant au point de vue humain que professionnel.